26 juillet 2005
Clovis
Amis de la Patrie,
Dans la catégorie "histoire" trop longtemps négligée, voici aujourd'hui l'épopée d'un homme exceptionnel, un de ceux qui ojnt fait la France : Clovis.
A son avènement, les Francs saliens occupaient le nord de la Gaule; les Francs ripuaires le nord-est, autour de Cologne et de Trèves, sans qu’exista entre eux une véritable unité: ces territoires relevaient de différents royaumes. Clovis hérita de son père, Childéric 1er, l'un d'entre eux, dont la capitale était Tournai, à partir de laquelle il s'efforça de conquérir toute la Gaule.
Avant de réunir Saliens et Ripuaires sous son autorité, le jeune roi s'attaqua aux restes de la présence romaine en Gaule qu'incarnait Syagrius, installé à Soissons, et vainquit ce dernier en 486. Cette bataille fut à l'origine de l'anecdote bien connue du vase de Soissons. Celui qu'une tradition postérieure appelle le " roi des Romains " se réfugia à Toulouse, auprès du roi des Wisigoths, Alaric II. Clovis, fort de son prestige naissant, obtint que Syagrius lui soit remis et le fit exécuter.
Au cours des dix années suivantes que l'on ne connaît pas de manière précise, Clovis s'employa à étendre la puissance franque de la Meuse et de la Moselle jusqu'aux cours moyen et inférieur de la Seine, tout en supprimant progressivement les autres rois saliens. La fin du Ve siècle est, dans l'histoire du royaume franc, une période fondamentale. En effet, quoique maître de la Gaule septentrionale et débarrassé de ses rivaux, Clovis rencontrait de sérieux compétiteurs en la personne des Alamans. Ceux- ci, formés des débris de peuples germaniques, exerçaient sur l'Empire romain une pression constante depuis le Ille siècle. Vaincus à diverses reprises, ils avaient été contenus sur la rive droite du Rhin jusqu'au début du v" siècle, mais avaient franchi le fleuve dans les années 440. La bataille de 496 qui les opposa aux Francs saliens en un lieu indéterminé se solda par leur défaite et par leur soumission à Clovis.
Cette même année est peut-être marquée par la conversion du roi à l'Église catholique. II existe deux versions de cet événement. Selon la plus connue, celle de Grégoire de Tours -qui écrivait dans la deuxième moitié du VIe siècle -, Clotilde, la femme de Clovis, le suppliait en vain de se convertir. Devant le sort incertain de la bataille contre les Alamans, le roi aurait cédé puis, après le combat, se serait rétracté. La reine aurait emporté la décision en faisant intervenir l'évêque de Reims, le futur saint Remi. Aussi, le baptême solennel de Clovis eut lieu en présence de son armée, le 25 décembre 496, à Reims. La postérité a conservé les paroles du prélat: " Courbe la tête, Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. La critique moderne accepte cette version tout en la nuançant. La victoire de Clovis sur les Alamans est bien la cause de sa conversion, mais celle-ci aurait eu lieu plus tard, un 25 décembre entre 496 et 499.
Quoi qu'il en soit, cette cérémonie conférait une dimension nouvelle à Clovis qui apparaissait ainsi comme le premier souverain catholique d'Europe. À ce titre, ce nouveau Constantin fut acclamé par le puissant clergé gallo-romain qui, dès lors, fut son allié dans la conquête de la Gaule.
Clovis s'attela à cette tâche avec des succès divers. Il échoua contre le royaume burgonde dont les capitales étaient Genève et Lyon. En revanche, la victoire de Vouillé, près de Poitiers, qu'il remporta en 507 sur Alaric II, roi des Wisigoths d'Aquitaine, lui ouvrit la route de la Gaule méridionale, lui permettant d'en occuper la capitale, Toulouse.
Clovis est alors au faîte de sa puissance. À Tours, pendant l'hiver 507-508, il reçoit une ambassade byzantine au cours d'une cérémonie diversement interprétée par les historiens, mais qui pour le moins constitue une reconnaissance éclatante de son royaume par l'autorité impériale. Il ne lui reste plus qu'à unir les Francs saliens et les Francs ripuaires, chose faite en 509, date à laquelle ces derniers le reconnaissent comme roi.
Par la suite, Clovis quitta peu la capitale qu'il s'était choisie, Paris. À sa mort en 511, il laissait quatre fils, trois nés de la reine Clotilde -Clodomir, Childebert, Clotaire -, l'aîné, Thierry , étant né d'une femme inconnue, et un royaume considérable. Celui-ci ne recouvrait pas exactement les limites de la Gaule romaine. Au nord, il pénétrait en Germanie, puisque la capitale des Ripuaires était Cologne, mais au sud, la vallée du Rhône et le cours inférieur de la Saône restaient burgondes, tandis que la côte méditerranéenne était partagée entre les Ostrogoths (Provence) et les Wisigoths (Septimanie, c'est-à-dire la région comprise entre le Rhône et les Pyrénées). Ces territoires furent divisés en deux lots, au nord et au sud de la Loire, à charge pour les quatre fils de Clovis de se les partager.
Avant de mourir, le roi avait fait construire à Paris la basilique des Saints-Apôtres (plus tard église Sainte-Geneviève) laquelle, selon son désir, accueillit son sarcophage. Ce dernier fut transféré pendant la Révolution au dépôt des Petits-Augustins, avant de trouver sa place définitive à la basilique Saint-Denis.
Pour la France,
Louis-Pierre
14:54 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






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